DINOTOXTRA

samedi 9 mars 2013

Le management en France est calamiteux.


Dans le bas de cet article du Monde, en rouge, ce qui pour moi et le plus destructeur, car si des erreurs sont supportables, la répétition de celles-ci, associées à une réelle volonté de nuire, ne font que mettre sous silence, en stand-by un talent qui ne demande qu'à s'exprimer. Talent, s'il est détecté et mis en avant par un manager, profite agréablement au salarié, mais aussi et surtout à la productivité de l'entreprise. Un salarié bien dans sa tête et dans son entreprise travaille bien, son attention est plus vive, son implication fait baisser les non-conformités et augmente les rendements. Son implication, qui provoque très souvent de la jalousie auprès de ses collègues, provoque et stimule systématiquement, les éléments moins agressifs et moins impliqués de l'entreprise. Cela se termine toujours par un esprit de compétition, toujours profitable à l'entreprise. Il ne reste ensuite au manager de cette équipe, qu'à toujours veiller à canaliser cette énergie dans le bon sens.



UN CHÔMAGE DEVENU MASSIF

On aurait tort de sous-estimer l'effet délétère de cette situation sur ceux qui perdent pied dans le marché du travail ou dans les entreprises. Loin de se déculpabiliser d'un chômage devenu massif, de pressions souvent démesurées au travail, ils se sentent stigmatisés.

Ils ne trouvent aucune compréhension et encore moins de compassion chez leurs concitoyens. Ils sont désespérément seuls dans l'épreuve qu'ils traversent, seuls et honteux.

Mais nombre de recherches mettent en évidence que cette suspicion, cette défiance (qui aggravent ainsi le désespoir des exclus de l'emploi et des naufragés du travail) sont le socle du modèle managérial français, celui qui le rend néfaste tant du point de vue des conditions de vie au travail que de l'efficacité globale des entreprises.

Les travailleurs sont ainsi doublement victimes tandis que le management qui les précarise objectivement et subjectivement est dédouané.

En effet, le management français, convaincu que les salariés dont il a "hérité" ne sont pas les "bons" et galvanisé par ce discours de discrédit ambiant, s'est lancé dans une bataille identitaire sans pitié pour les faire plier et les contraindred'adhérer à son idéologie et sa rationalité.
Sur la base d'une politique systématique d'individualisation, la modernisation managériale s'affirme ainsi par une politique de précarisation des salariés, une précarisation objective comme subjective. Aux côtés d'offensives idéologiques et éthiques destinées à modeler les esprits, à séduire, à persuader, le management cherche à instaurer les conditions obligeant hic et nunc les salariés à devenir les alliés inconditionnels de leur entreprise, les relais dociles de ses choix et objectifs dans le cadre d'un capitalisme de plus en plus financier.

ASSEOIR UNE EMPRISE SANS FAILLE

Pour remporter cette victoire, le management mise sur l'emploi précaire (CDD, intérim, travail à temps partiel et saisonnier) comme modalité disciplinaire, pour les jeunes surtout qui veulent trouver leur place sur le marché du travail. Et il s'évertue à précariser, subjectivement cette fois, les salariés bénéficiant d'un emploi stable, pour asseoir sur eux aussi une emprise sans faille.
A cette fin, il est parti en guerre contre les ressources dont disposent ces salariés stables, c'est-à-dire leur métier et leur expérience qui leur permettent de maîtriser leur fonction, d'alléger les difficultés et de se doter d'un point de vue argumenté sur leur travail opposable aux directives, aux critères et méthodologies de la hiérarchie.

Les multiples restructurations, changements qui balaient les entreprises françaises de façon frénétique ont ainsi souvent pour objectif de fragiliser des salariés qui ont sans cesse tout à réapprendre pour conserver leur poste, et qui se sentent en permanence sur le fil du rasoir face à des objectifs démesurés et des évaluations indifférentes au travail réel.


Loin de miser sur l'intelligence collective pour innover et gagner des parts de marché, le management français a opté pour une attaque en règle de la professionnalité et de l'engagement de ses salariés, compromettant leur santéphysique et psychique, tout autant que notre avenir.

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