DINOTOXTRA

lundi 4 mars 2013

Patrick the Pan répond aux questions sur son album.


Après la chronique de “Something of an End” écrite le mois dernier, Patrick the Pan répond aujourd’hui à toutes ces questions restées en suspend depuis la découverte de son premier album. De quoi comprendre un peu mieux le contenu de ce disque étonnant et entamer un rapprochement avec celui qui pourrait bien devenir l’une des révélations de demain. (propos suivants traduits de l’anglais)
Peux-tu dans un premier temps te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Piotr Madej, j’ai 24 ans et vis à Cracovie (Pologne). J’ai étudié la philologie russe pendant quatre ans avant d’abandonner et d’entamer deux ans d’études d’ingénieur du son.
Tu viens juste de sortir ton premier album, Something of an End, peux-tu m’en dire un peu plus sur son enregistrement ?
A la fin du mois d’octobre 2012 j’ai perdu mon boulot, la société dans laquelle je travaillais ayant été obligée de mettre la clé sous la porte. J’ai alors décidé de m’accorder quelques vacances jusqu’à la fin de l’année. Je me suis enfermé chez moi et après deux mois de travail intensif j’en suis ressorti avec l’album terminé. Il a été enregistré dans ma pièce personnelle (à l’acoustique pourtant mal adaptée) avec un micro, un ordinateur et quelques instruments. Généralement ça ressemblait à ça : J’avais la mélodie de base (guitare acoustique et chant) et le reste (harmonies, basses, guitare électrique etc….) s’est greffé naturellement pendant les sessions d’enregistrement, la plupart du temps en improvisant.
As-tu enregistré toutes ces chansons dans le même objectif final d’enregistrer ton premier album ? Datent-elles toutes de la même période ?
Plus de la moitié de ces chansons ont été écrites bien avant (deux à quatre ans plus tôt). Quelques-unes étaient même déjà enregistrées mais en plutôt mauvaise qualité ou avaient simplement besoin d’être réarrangées. Alors je les ai enregistrées de nouveau. La plus vieille d’entre elles (Hełm Grozy) a même été écrite il y a près de six années. L’objectif a toujours été le même, enregistrer un premier album, y compris six ans en arrière.
As-tu déjà pu obtenir quelques bons retours ? Et espères-tu quelque part un début de notoriété à l’international (au minimum en dehors de la Pologne) ?
Oui ! Plusieurs sites polonais de musique indé ont déjà chroniqué mon album et systématiquement de façon très positive. Quelques radios ont commencé à diffuser mes chansons également. J’espère vraiment parvenir un jour à un peu de notoriété à l’international mais je ne me fais pas trop d’illusion. Ce genre de projet nécessite du temps, celui de Patrick the Pan n’a que deux mois d’ancienneté publique, donc je peux dire que c’est déjà vraiment très bien. Mais je crois vraiment au destin, si quelque chose doit se passer, alors ça aura lieu, tu dois juste attendre et ne jamais perdre espoir. C’est vraiment important et j’insiste là-dessus.
As-tu été surpris d’obtenir déjà des retours depuis la France ou même d’autres pays ? Et comptes-tu particulièrement sur Bandcamp pour cela ?
Oui je l’ai été ! De temps en temps je reçois un message de l’étranger (USA, Canada, Pays-Bas, France). Il y a même une webradio de Los Angeles qui a souhaité diffuser une de mes chansons, mais généralement ce genre de retours n’arrive pas non plus très fréquemment. Ce qui s’explique assez facilement puisqu’il n’existe à l’heure actuelle aucun autre moyen pour tomber sur mes chansons que par l’intermédiaire de Bandcamp ou Youtube. Ta chronique a été une bonne surprise d’ailleurs et cette interview est seulement la deuxième que je donne, et la première en anglais, je suis en quelque sorte assez fier.
Concernant Bandcamp c’est à l’heure actuelle le meilleur moyen de promotion à travers le monde. J’aime tout ce qui caractérise cette plateforme : sa philosophie, son interface, la possibilité de simplement se fier aux pochettes qui apparaissent à l’écran, ce qui est TRES important, tu m’as trouvé comme cela c’est bien ça ? Tout cela est brillant à tous points de vue. J’ai aussi choisi cet endroit car je n’aime pas myspace qui est simplement bon à jeter.
Comme j’ai pu le préciser dans ma chronique, certaines sonorités entrevues font rapidement référence à des groupes très connus. Radiohead étant le nom qui me vient le plus facilement à l’esprit, particulièrement en pensant à des morceaux comme Finally I’m One ou The Moon and the Crane. Est-ce une source d’inspiration toute particulière pour toi ?
Oui. Bien sûr j’écoute énormément d’artistes, et beaucoup d’entre eux m’inspirent, mais Radiohead est, et sera toujours, dans mon top 3 des musiques qui m’influencent le plus. Je suis légèrement obsédé par eux je dois l’admettre. Je pense qu’il n’y a aucun autre groupe que j’ai pu étudier si fortement et de manière si intensive, en prenant des notes, des citations, analysant la structure des morceaux jusqu’aux paroles. Régulièrement lorsque je compose je me pose la question suivante : “Qu’est-ce que Thom Yorke ferait ensuite ?” C’est assez étrange j’en ai conscience.

Peux-tu m’en dire un peu plus sur tes autres sources d’inspiration ?
J’ai écouté tellement d’artistes que c’est assez difficile pour moi de pointer ceux qui m’ont le plus influencé. Ceux qui me viennent sur le moment à l’esprit sont : My Brightest Diamond, Shearwater, Other Lives, Fleet Foxes, Husky Rescue, Devendra Banhart et Soft Bullets.
A l’écoute de Something of an End j’ai souvent été surpris de la manière dont évoluent de nombreux morceaux. je pense notamment à Men Behind SunThe Moon and the Crane ou Exiles Always Come Back qui prennent au final des tournures inattendues. Est-ce quelque chose que tu aimes tout particulièrement ? Comment l’expliques-tu ? 
Oui. Une des recettes les plus importantes selon moi lorsqu’il s’agit de créer de la musique est de complexifier la structure des morceaux autant que possible. Plus les arrangements, tempi et humeurs changent, mieux c’est. Je déteste la structure standard intro / couplet / refrain / couplet / refrain / pont / refrain. Il y a tellement de chose que l’on peut faire avec des mélodies, des tonalités, des cordes etc. pourquoi prendre le chemin le plus direct ? Je suis vraiment obsédé par cette façon de penser. Par exemple j’adore exploiter tout le potentiel des cordes. Je n’ai aucune éducation musicale. J’ai tout appris par moi-même, du coup j’adore prendre une guitare et créer une nouvelle façon d’utiliser ses cordes (assurément des choses déjà faites par d’autres, mais systématiquement nouvelles pour moi). L’imagination est ma seule limite et je fais de mon mieux pour conserver ça et continuer à avancer à grande vitesse. Par chance tout vient pour l’instant très naturellement.
Certains diront que tu es encore à la recherche de ta propre identité musicale, que tu t’es cherché toi-même quelque part sur ce premier album pour trouver ce qui caractérisera petit à petit ta musique future. Est-ce en partie vrai ?
Ça dépend du degré de virginité de ce que tu mets sur ton premier album. Je veux dire, je pense que j’ai trouvé la vraie nature de ma musique un peu plus tôt, avant l’enregistrement de “Something of an End”. J’ai encore quelques morceaux enregistrés qui n’ont pas été inclus, ou même écrits mais jamais enregistré parce qu’après m’être investi dessus j’ai réalisé qu’ils n’en valaient pas vraiment la peine. D’un autre côté je n’essaye pas de montrer que je suis un musicien aguerri qui sait ce qu’il veut et qui sait exactement ce qu’il veut créer. J’expérimente beaucoup, je suis encore à la recherche de quelque chose de nouveau. Je continue de me dire que je pourrais faire mieux, que je pourrais façonner davantage mon identité musicale, mais je ne dirai pas non plus que je suis totalement débutant. Un artiste qui se sent pleinement accompli est un artiste triste, quelqu’un qui a déjà atteint ses limites et n’aura plus rien à offrir de bon.
Tu utilises beaucoup d’instruments tout au long de l’album. As-tu vraiment joué sur chacun d’eux toi-même ? Et as-tu une préférence entre tous ?
Tout ce qu’on peut entendre sur “Something of an End” est joué ou généré par moi-même. Je joue toutes les guitares, claviers et fais chacune des voix. Cordes et percussions ont été générées sur ordinateur, mais toujours arrangées par moi également. Et je ne dirai pas que je les aime tous. Disons ça comme cela : Je suis mariée avec une guitare acoustique, j’entretiens une longue romance avec le piano, je n’ai pas d’attirance particulière pour les basses, et les batteries… et bien nous ne serons jamais de véritables amis ça c’est sûr.
Tu mentionnes la date du 29 décembre sur Bandcamp comme étant celle de sortie, est-ce réellement la date de sorte physique ? Etait-ce d’ailleurs un moment particulier le jour où tu as pu tenir ton premier album en main ?
Something of an End a été terminé le 29 décembre, jour de fin du mixage, jour où plus aucune retouche supplémentaire n’était nécessaire. L’album était prêt donc pourquoi attendre plus ? Ça a été très spontané. Certains publient leurs photos en instantané avec Instagram, j’en ai fait de même avec mon album. Je n’attendais pas de si bons retours et de nombreuses personnes m’ont demandé le CD que je n’avais donc pas, alors j’ai accéléré le processus. J’ai emprunté un peu d’argent à mes parents et pressé 300 copies au début du mois de février, qui est devenue désormais la date de sortie officielle de l’album. La première fois que je l’ai eu en main c’était magique. Je n’ai pas d’enfants, mais j’imagine du coup ce que peuvent ressentir les jeunes pères lorsqu’ils tiennent pour la première fois leur enfant. Ça m’a vraiment remué.
Tu viens de donner ton premier véritable concert, comment était-ce ? Etais-tu seul sur scène ?
Ce n’était pas un gros concert. Quelques jours après la diffusion de l’album j’ai été invité à jouer pour Sofa Underground, événement pendant lequel des groupes jouent de courtes prestations acoustiques dans le salon de quelqu’un d’autre. Comme je n’avais pas de groupe j’ai eu besoin d’un peu de temps pour être prêt à cela. On a finalement joué ce 1er mars devant 45 personnes et c’était vraiment génial. C’était la première fois que j’apparaissais quelque part en tant qu’artiste. On a d’ailleurs eu un petit accident, le matin même notre batteur a dû se désister. Et donc quatre heures seulement avant la prestation nous avons dû voir avec le gars chez qui on allait (il est guitariste) comment il pourrait prendre sa place. Heureusement il s’en est bien sorti.
Et donc maintenant, quelle est la prochaine étape ? A-t-on des chances d’entendre reparler de toi dans un futur proche ?
Avec mon groupe on se prépare à présent pour être véritablement prêts pour de plus gros concerts. Je suis aussi en pleine réalisation de mon premier clip. Et je ressens déjà le besoin d’enregistrer quelque chose de nouveau, je publierai donc peut-être une ou deux nouvelles chansons prochainement. Suivez-moi sur Facebook ou Youtube et vous ne raterez rien ;)
“Something of an End” est donc en écoute sur Bandcamp. Vous pouvez par ce même intermédiaire commander le CD pour seulement 8€ (frais de port inclus). 

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